Portrait d’un start-upeur / Edouard Alphandéry, conseiller scientifique chez Nanobactéries

Alumni de l’Université Paris-Sud, Edouard Alphandéry est aujourd’hui conseiller scientifique de la start-up Nanobactéries. Il témoigne de son parcours universitaire et professionnel.

Equipe de la start-up Nanobactéries

Pourriez-vous vous présenter ? Quelle est votre parcours ?

Edouard Alphandéry, j’ai 43 ans. Après un magistère de physique à l’Université Paris-Sud et une année de Master II à l’Université de Glasgow en Ecosse dans le cadre du programme Erasmus, j’ai effectué une thèse en physique à l’Université d’Oxford. Ensuite, je me suis intéressé aux applications médicales de la physique, ce qui m’a conduit à travailler en postdoctorat à Trinity College (Dublin), formation que j’ai complétée par des études de biochimie à l’Université de Washington.

Que vous a apporté l’Université Paris-Sud ?

La formation du magistère de physique de l’Université Paris-Sud est une excellente formation, surtout sur le plan théorique. Elle a été un tremplin et m’a permis par la suite de réaliser un doctorat de physique à l’Université d’Oxford.

Vous êtes conseiller scientifique de la start-up « Nanobacterie », quelques mots sur votre carrière et votre start-up ?

Après avoir terminé mon stage postdoctoral en 2006, j’ai été recruté comme enseignant chercheur en 2006 à l’UPMC et j’ai participé aux recherches qui ont permis le lancement en 2008 de la start-up Nanobacterie. Mes activités de recherche ont porté depuis 2006 sur les applications médicales des nanoparticules d’oxyde de fer synthétisées par des bactéries magnétotactiques. Ces bactéries très particulières fabriquent des nanoparticules magnétiques qu’elles utilisent comme compas pour nager dans la direction du champ magnétique terrestre.

Je me suis en particulier intéressé au traitement du cancer par hyperthermie magnétique en utilisant ces nanoparticules bactériennes. Le principe repose sur l’administration de ces nanoparticules dans les tumeurs et sur leur chauffage par application d’un champ magnétique alternatif.

Nous avons réalisé plusieurs preuves de concept de la thérapie sur des souris auxquelles nous avons implanté des tumeurs du cancer du sein ou du glioblastome (tumeurs cérébrales). Nous travaillons avec des équipes de médecins des hôpitaux de la Salpetrière et Bicêtre spécialisées dans le traitement du glioblostome et souhaitons démarrer les essais cliniques une fois que les aspects réglementaires liés au développement de la thérapie auront été réglés.

Start-up Nanobactéries

Votre start-up est située sur le campus de l’Université Paris-Sud et au-delà de l’adresse vous multipliez les collaborations avec votre ancienne université. Pouvez-vous nous parler de ce mode de fonctionnement ?

La start-up Nanobacterie ne fait pour l’instant que de la R&D et travaille sur des aspects pluridisciplinaires très variés faisant appel aux domaines de la physique (optimisation de la source d’excitation des nanoparticules), de la chimie et de la pharmacie (préparation de la suspension injectable de nanoparticule), de la médecine (traitement du cancer), de la biologie (compréhension des mécanismes permettant d’optimiser la destruction de la tumeur), et enfin de la microbiologie (optimisation de la culture bactérienne permettant d’obtenir un rendement suffisant de magnétosomes). C’est ainsi que Nanobacterie a été amené à travailler avec de nombreux laboratoires de l’Université Paris-Sud spécialisés dans ces disciplines comme l’Institut de Chimie Moléculaire et des Matériaux d’Orsay (ICMMO – UPSud / CNRS), l’Institut de Biologie Intégrative de la Cellule (I2BC – UPSud / CNRS / CEA), l’Imagerie et Modélisation en Neurologie et Cardiologie (IMNC – UPSud / CNRS / Paris Diderot), des partenaires comme l’Hôpital Bicêtre – hôpital universitaire Paris-Sud -, et des membres de l’Université Paris-Saclay comme CentraleSupélec. Ces collaborations ont donné lieu au recrutement d’une dizaine de stagiaires de différents Masters 2 ainsi que de deux thésards CIFRE de l’Université Paris-Sud avec à la clé l’embauche d’un CDD. Ces collaborations sont fructueuses pour la start-up Nanobacterie et pour l’Université Paris-Sud. Elles aident la start-up à développer son traitement thérapeutique et permettent aux laboratoires impliqués de publier des articles scientifiques portant sur les travaux issus de ces collaborations.

Start-up Nanobactéries

A l’aune de votre expérience, quelle est la place du réseau professionnel dans une carrière ?

Le réseau professionnel m’a principalement servi à trouver les expertises dont j’avais besoin pour avancer dans mes recherches.

Quel message auriez-vous à faire passer aux étudiants de l’Université Paris-Sud concernant leur parcours universitaire ? Concernant le réseau alumni ?

Les étudiants de l’Université Paris-Sud ont la chance d’appartenir à l’une des meilleures universités scientifique française et une des plus grandes en nombre de laboratoires. Ils doivent pouvoir profiter de la diversité des thématiques scientifiques qui sont présentes sur le campus pour construire leur réseau et travailler sur un sujet scientifique qui les intéresse. Nanobacterie est disposée à recevoir les étudiants intéressés et à continuer à faire naître de nouvelles vocations.

Le réseau des Parisudiens, un réseau pluridisciplinaire international