Fan Ye, de l’Université Paris-Sud à la Silicon Valley

Crédit photo : Fan Ye

Bonjour Fan Ye, pourriez-vous vous présenter ? Quel diplôme avez-vous obtenu à l’Université Paris-Sud ? Quelle fonction exercez-vous aujourd’hui ?

J’ai suivi le Magistère Information Système et Technologie (IST) de l’Université Paris-Sud et j’ai ensuite obtenu mon doctorat avec le CEA. J’ai passé beaucoup de temps sur le campus de Paris-Sud à cette époque là et j’ai été témoin de la naissance de l’Université Paris-Saclay. Après avoir passé ma thèse, je suis allée du côté de la Silicon Valley où j’ai rejoint NVIDIA en tant qu’ingénieur logiciel. Depuis peu, j’ai réussi à obtenir un poste à Shanghaï, je suis dans la même équipe mais j’ai pu rejoindre ma famille ce qui était important pour moi.

Qu’est-ce qui a motivé votre inscription au programme d’échange entre votre Université à Huazhong et l’Université Paris-Sud ?

L’Université Paris-Sud est célèbre pour ses disciplines scientifiques et techniques. J’ai eu la chance d’avoir un professeur qui m’a présenté le programme d’échanges et comme en parallèle je suivais des cours de français et que j’ai obtenu la meilleure moyenne, cela a renforcé ma détermination à étudier en France. J’ai souvent pensé à la phrase d’Hemingway « Si vous avez la chance d’avoir vécu à Paris en tant que jeune homme, alors ou que vous alliez pour le reste de votre vie, il reste avec vous, car Paris est une fête ». J’ai voulu être cet homme chanceux.

Que retenez-vous de cet échange ?

J’ai toujours en tête le moment où je suis arrivé en France assis dans la navette de Saclay qui traversait le plateau pour être finalement accueilli chaleureusement par les camarades de classe du programme d’échanges.

J’ai beaucoup aimé aussi le moment où en tant que lauréat des bourses d’excellence j’ai accueilli les nouveaux jeunes diplômés de la dernière promotion du programme d’échanges. Il y a beaucoup de liens entre les différentes promotions du programme d’échanges et une vraie solidarité. L’Université Paris-Sud joue un vrai rôle dans la création de cette complicité, c’est un des ingrédients secrets du succès du programme d’ailleurs.

Que vous a apporté votre formation ? Que vous a apporté l’Université Paris-Sud ? Quel souvenir en gardez-vous ?

La première conférence que j’ai suivie était donné par Madame Retailleau qui était alors enseignante et Vice-Doyenne de la Faculté des Sciences. Cela faisait à peine un mois que j’étais arrivé en France et mon français était encore fastidieux. Heureusement la plupart des enseignants et notamment Madame Retailleau l’ont compris et ce sont adaptés.

Dans ma formation, j’ai découvert de nombreux enseignants exceptionnels qui ont une profonde compréhension de leurs domaines et qui offrent des ressources pédagogiques de haute qualité qui permettent de comprendre en profondeur l’essence de la discipline.

Enfin, comme l’Université Paris-Sud est une des institutions les plus prestigieuses en terme de sciences et technologies, cela m’a rassuré pour ma recherche de stage. Je me disais que j’allais forcément être embarqué dans une recherche scientifique passionnante.

Vous avez passé votre thèse en étant assistant d’enseignement et désormais vous êtes ingénieur chez NVIDIA dans la Silicon Valley. Pouvez- vous nous dire quelques mots sur votre carrière hyperactive ?  

J’ai eu l’opportunité de mener mon projet de Magistère sur le calcul scientifique parallèle en partenariat avec le Centre d’Énergie Atomique. Le CEA est une des institutions européennes et la plus grande institution française spécialiste du calcul haute performance. J’ai donc choisi de réaliser mon doctorat aux côtés de ce supercalculateur. J’avais aussi envie de partager et toujours nourrir davantage mes connaissances, c’est pourquoi j’ai postulé pour être assistant d’enseignement afin de contribuer à ma manière à l’Université Paris-Sud. Ma candidature a été retenue, j’ai donc enseigné tout en passant ma thèse. Après avoir reçu mon doctorat, j’ai eu la chance de rejoindre NVIDIA leader de l’informatique visuelle qui a ses locaux dans la Silicon Valley.

Quand vous êtes arrivé en France, quel est votre meilleur souvenir ? et votre pire souvenir ?

Mon plus beau souvenir en France reste celui du séminaire international durant lequel j’ai eu la chance de rencontrer ma moitié.

Mais comme je le disais précédemment, j’ai été très touché par le comité d’accueil chaleureux qui m’a été réservé lorsque je suis arrivé pour la première fois à Paris-Sud en descendant de la navette.

Le pire souvenir reste les attentats du Bataclan car j’avais des amis à proximité, aucun d’eux n’a été blessé mais j’ai été très triste pour les victimes.

Quels conseils auriez-vous pour un étudiant chinois souhaitant venir étudier en France ?

Je voudrais tout d’abord le féliciter et lui dire que c’est une des meilleures décisions de sa vie car ce sera forcément une superbe expérience. Ensuite je lui suggérerais de prendre vraiment le temps d’apprendre le français, non seulement parce que c’est la plus belle langue du monde mais aussi parce que l’on découvre – une fois maitrisée – un tout nouveau monde et une toute autre culture et enfin parce que cela permet de mieux profiter de son séjour en France et de mieux échanger avec les français.

Un conseil pratique serait de ne jamais sous-estimer ou sur-estimer la difficulté que l’on peut rencontrer en tant qu’étudiant à l’étranger. Je crois qu’il faut surtout se faire confiance et écouter son cœur.

A l’aune de votre expérience, quelle est la place du réseau professionnel dans une carrière ?

Construire un réseau professionnel solide est très important dans une carrière. Mais il ne faut pas non plus oublier que la synergie entre une personne et son réseau apporte une valeur ajoutée au travail grâce aux collaborations possibles ou encore au partage d’informations. Il faut éviter de s’isoler, la connexion est une vraie richesse.

Que pensez-vous de la création d’un réseau alumni au sein de Paris-Sud ? Qu’attendez-vous d’un tel réseau ?

Je pense que c’est une très bonne idée de disposer d’un réseau des anciens diplômés au sein de Paris-Sud. J’imagine une plateforme, un espace pour que les alumni puissent  communiquer, échanger, coopérer entre eux, avec les étudiants et l’Université. Cela va permettre à Paris-Sud de valoriser encore un peu plus son image et sa réputation. J’ai hâte de pouvoir être à nouveau en contact avec mes professeurs, mes camarades ou encore les personnes que j’ai pu côtoyer pour mes recherches. Ce serait l’occasion d’avoir de leurs nouvelles, de donner des miennes et de voir le chemin parcouru par chacun.