Mario Squelard : de la Faculté de Pharmacie aux laboratoires Servier, un parcours dans l’industrie pharmaceutique

Pourriez-vous vous présenter ? Quelle est votre parcours ?

Mario Squelard, 64 ans, j’ai obtenu en 1978 un diplôme de Pharmacie filière Industrie, j’ai été à cette occasion lauréat de la Faculté de Paris Sud. J’ai ensuite été diplômé de l’Institut de Pharmacie Industrielle de Paris (IPIP). Enfin, j’ai obtenu un Mastère Spécialisé en Ressources Humaines de l’Institut de Gestion Sociale (IGS) en 1994.

En plus de l’officine, j’ai réalisé mes premières expériences dans l’industrie en Communication médicale & Formation chez Boehringer puis chez Sanofi.

Depuis 34 ans je travaille aux Ressources Humaines chez Servier, j’ai été  successivement responsable de la Formation des jeunes diplômés rejoignant l’entreprise et de la Formation Professionnelle Continue groupe, puis Directeur des Ressources Humaines du marketing et des ventes France. A ce titre, je gérais 1200 personnes. Depuis 2007, je suis désormais Directeur des Relations Universités-Grandes Écoles.

L’accompagnement des jeunes durant leurs études et leurs débuts professionnels ont toujours été au cœur de mon métier et de mes motivations. D’ailleurs et j’ouvre une parenthèse, j’ai été de 2013 à 2017 Professeur associé à la Faculté de Pharmacie de Paris-Université Paris Descartes, filière Industrie. Aujourd’hui je participe pour la moitié de mon temps à des conférences, des cours et des jurys.

Que vous a apporté l’Université Paris-Sud et sa Faculté de Pharmacie ?

La Faculté de Pharmacie de Paris-Sud située à Châtenay-Malabry ouvrait ses portes lorsque j’y suis rentré en septembre 1972… Toute neuve, elle était équipée de laboratoires et de matériels modernes où il était très agréable de travailler. De plus, faculté nouvelle-née, il y avait un dynamisme et une proximité avec les Professeurs que l’on n’imaginait pas être possible à l’université en sortant du lycée.

La Faculté a aussi nourri ma vocation. Sans doute de par la composition du corps professoral et la place permettant l’implantation d’équipements industriels, la sensibilité industrielle était très marquée assurant une formation théorique et pratique de très haut niveau.

Parlez-nous de votre métier de Directeur de Division Ressources Humaines chez Servier.

DRH n’est pas le métier qui vient spontanément à l’esprit lorsque l’on suit des études de pharmacie et que l’on sort diplômé.

Chez Servier la culture humaine est extrêmement développée et les aspects humains de la fonction l’emportent très largement sur les aspects techniques. Il en ressort que ce sont les qualités personnelles telles que l’écoute, la disponibilité, la pédagogie, la capacité d’évaluer (et non pas de juger) les atouts et les compétences des collaborateurs à venir et présents ainsi que la connaissance de l’entreprise qui priment. Pour la « technique » nous avons la chance d’avoir le soutien très efficace d’une Direction de l’administration du personnel, d’une Direction du droit social et d’une Direction de l’organisation sans oublier la Direction de la communication interne.

La Fondation Paris-Sud Université accompagne la Faculté de Pharmacie sur le projet Boussole car les étudiants PACES ne connaissent pas assez les différents secteurs des métiers de la Pharmacie notamment ceux de l’industrie et des hôpitaux. Si vous aviez un message à faire passer à ces étudiants sur les études et les métiers de la pharmacie, quel serait-il ?

La grande force mais aussi la difficulté des études pharmaceutiques résident dans sa pluridisciplinarité. C’est une force car elles ouvrent des portes aussi variées que celles de l’officine, de l’hôpital, de l’enseignement et la recherche, et de l’industrie. Ces possibilités multiples sont enthousiasmantes car derrière ces nombreuses portes il y a encore de nombreux métiers. La difficulté est que sa force ne se révèlera qu’à partir du moment où l’on est bon en tout, ce qui demande un peu de travail et de pugnacité. Mais alors le champ des possibles devient quasi-illimité.

A ce titre, j’aime beaucoup cette phrase : « Accrochez-vous et au-delà des connaissances et des compétences, montrez l’envie car avec elle on déplace des montagnes ».

Qu’est-ce qui fait la force des métiers du secteur de l’industrie pharmaceutique ?

Deux forces majeures. La première est le nombre et la diversité des métiers que l’on peut exercer. De plus, compte tenu de la pluridisciplinarité de la formation et avec l’expérience, nombreuses sont les passerelles qui permettent la tenue de postes différents dans sa carrière. La deuxième est le nombre et la diversité des entreprises. Leur taille allant de la start-up à la big pharma et leurs valeurs diverses donnent un champ de possibles important.
Entre les différents métiers et la diversité des entreprises chacun doit pouvoir trouver le poste qui lui permettra de s’épanouir et de se développer. L’industrie pharmaceutique est une industrie dynamisante.

Vous avez participé le 14 novembre dernier au Forum de l’Industrie Pharmaceutique organisé par la Faculté de Pharmacie de l’Université Paris-Sud et l’APIEP. Quels sont selon vous les enjeux d’un tel forum ?

Le forum de Châtenay-Malabry, organisé par l’Apiep (Association pour la Promotion auprès de l’Industrie des Étudiants en Pharmacie), est un évènement majeur tant pour les étudiants que pour les entreprises. C’est un lieu d’échanges qui permet de se connaître, de se découvrir. L’étudiant peut se faire une idée à la fois sur les métiers mais aussi sur les entreprises. Mieux les étudiants sont formés et informés, meilleure sera leur adéquation avec la demande des entreprises pour une réussite commune.

Vous avez été étudiant à l’Université Paris-Sud et vous y revenez en participant au Forum de l’Industrie Pharmaceutique. Le réseau des anciens diplômés de la Faculté de Pharmacie, notamment pour les alumni qui travaillent dans les métiers de l’industrie, est bien avancé. En faites-vous partie ? Dans tous les cas qu’en pensez-vous ?

Le réseau des alumni est une force pour les étudiants comme pour les professionnels. Celui de la Faculté de Pharmacie Paris-Sud fonctionne bien et fait partie de la vie de la Faculté. On peut regretter que toutes les facultés de pharmacie n’aient pas réussi cette action.