Rencontre avec Florence Cordier

Florence Cordier, quel est votre parcours ?

Le 13 décembre dernier, la Fondation Paris-Sud Université a élu Présidente Madame Florence Cordier, déléguée Emploi Île-de-France d’EDF et présidente du CEREQ.

Je suis d’origine lorraine, et ai grandi au pied des hauts-fourneaux : ce qui explique que très vite j’ai été sensible aux questions d’emploi, de formation, de reconversion. Durant ma formation – DEA en sciences sociales –, j’ai beaucoup travaillé et écrit sur ces questions, par exemple autour de la reconversion des travailleurs de la sidérurgie lorraine, ou bien encore sur la réinsertion des détenus en sortie de milieu carcéral.

Par la suite, j’ai travaillé dans le champ de l’évaluation des politiques publiques d’emploi, puis dans le conseil social aux entreprises. J’ai rejoint EDF il y a une quinzaine d’années, et je m’intéresse toujours aux questions de formation mais aussi de dialogue social. J’ai par exemple négocié le premier accord mondial sur la responsabilité sociale d’EDF.

Qu’est-ce qui vous particulièrement attirée dans la Fondation Paris-Sud Université ?

C’est avant tout l’histoire d’une rencontre. À l’origine de celle-ci, Bernard Salha, le directeur de la Recherche et Développement du groupe EDF.

La rencontre, ce fut lors d’une matinée froide sur le plateau de Saclay, au mois de novembre dernier, avec Sylvie Retailleau, accompagnée de Pascal Corbel.

Les échanges que nous avons eus avec Sylvie, les valeurs et le projet de la Fondation qui m’ont été présentés m’ont immédiatement séduite. Ce fut comme une évidence pour moi d’accepter la présidence de la Fondation Paris-Sud Université.

Vous parliez tout à l’heure d’une histoire commune et de valeurs partagées…

Absolument. Il y a bien sûr l’existence de liens historiques entre EDF et l’université Paris-Sud : l’entreprise est l’un des membres fondateurs de la Fondation, et de nombreux partenariats associent EDF et Paris-Sud, en matière de recherche notamment.

Et il y a aussi, et surtout, les valeurs que nous partageons et qui m’ont tout de suite donné envie de vous accompagner. Je pense notamment à votre – notre à présent – slogan : « le meilleur pour tous », qui renvoie à l’égalité des changes, ce que je défends depuis toujours.

Dans le cadre de mes récentes fonctions, j’ai par exemple apporté une attention particulière à la féminisation des emplois techniques. J’ai également participé à la création de dispositifs dédiés pour le recrutement de personnes handicapées ou encore de jeunes éloignés de l’emploi.

J’ajouterai que les questions de formation et d’itinéraires professionnels ont également beaucoup d’importance à mes yeux. Depuis 2015, je préside le CEREQ (centre d’étude et de recherche sur les qualifications) et, depuis l’été 2018, le CFA AFIA qui propose des formations informatiques et numériques par apprentissage. M’impliquer dans une fondation universitaire était donc très naturel.

Quelle est votre vision pour la Fondation ?

À mes yeux, l’un des enjeux majeurs est celui du rapprochement entre l’Université – le monde académique, et celui de l’entreprise, de l’industrie – le monde économique. EDF entretient depuis toujours des relations étroites avec le monde académique : partenariats de recherche bien sûr, mais également politique d’apprentissage très riche, ou encore détachement de cadres (Ingénieurs pour l’École) au sein des rectorats d’Île-de-France.

Il est essentiel de travailler ensemble et d’avoir une bonne appréhension de nos enjeux et de nos besoins respectifs, afin de rapprocher les deux mondes.

Enfin, Saclay est un lieu important pour EDF. Nous y avons implanté à la fois notre cherche de recherche (EDF Lab) et notre centre de formation des personnels de tous statuts (EDF Campus). M’impliquer dans l’université Paris-Sud, et bientôt dans l’université paris-Saclay, c’est aussi contribuer à la vie du plateau de Saclay.

Florence Cordier succède à Pascal Corbel (vice-président Relations entreprises et Formation tout au long de la vie de l’Université Paris-Sud), président par intérim de la Fondation depuis l’hiver 2017. Le bureau de la Fondation a également été modifié, avec l’élection de Serge Édouard (directeur de la MIAGE d’Orsay) comme vice-président de la Fondation, et de Nathalie Herrbach (directrice générale des services adjointe) comme trésorière.