Portrait international / Yjia Zeng, ingénieure optique chez Essilor

L’Université Paris-Sud a reçu la visite le 10 novembre dernier d’une délégation nationale de haut niveau, représentante d’universités chinoises parmi les meilleures, notamment Shanghai Jiao Tong University, Lanzhou University, Renmin University of China et Beijing Jiaotong University.

Cette délégation, composée de 19 Présidents et Directeurs d’établissements d’enseignement supérieur chinois, d’un représentant du ministère de l’Éducation ainsi que d’un représentant de la China Education Association for International Exchange (CEAIE) se rendait en France afin de mieux appréhender le fonctionnement de l’enseignement supérieur français, et, à terme, de faciliter les échanges entre nos deux pays.

Naturellement, l’Université Paris-Sud dont les coopérations avec les universités chinoises sont multiples, faisait partie de leur itinéraire. Il est d’ailleurs opportun de rappeler que les étudiants chinois représentent la première communauté étudiante internationale à Paris-Sud (soit plus de 15 % des étudiants internationaux) et que près d’un doctorant Paris-Sudien sur 10 est d’origine chinoise.

Ainsi l’Université Paris-Sud compte un nombre croissant d’anciens diplômés chinois.

La Fondation Paris-Sud Université qui a pour mission d’animer le réseau alumni a eu envie d’en savoir un peu plus en rencontrant Yjia Zeng. Après un Master en Physique Fondamentale, elle a conclu son parcours universitaire avec une thèse en optique et travaille désormais chez Essilor : portrait !


Yijia ZengTout d’abord, pourriez-vous vous présenter ? Quel est votre parcours ?

Je suis née à Chengdu, la capitale de la province du Sichuan en Chine, réputée pour sa gastronomie. Au collège et au lycée, j’ai bénéficié d’un réseau d’échange de livres. Ceux de Jules Vernes tels que Le tour du monde en 80 jours, Autour de la lune nous passionnaient. En écoutant une des seules chansons françaises connues à l’époque en Chine, plusieurs d’entre nous se sont dit qu’un jour, ils iraient à Paris.

Après avoir passé mon baccalauréat scientifique en Chine, je suis arrivée à l’Université Paris-Sud. Les enseignants du Diplôme universitaire français pour langue étrangère nous ont bien accueillis et nous avons reçu des cours adaptés à nos filières respectives. J’ai poursuivi par la Licence Physique Fondamentale et la première année du Master Physique Fondamentale à Orsay. La diversité des laboratoires situés sur le campus d’Orsay m’a permis d’effectuer plusieurs stages liés à différents domaines de la physique.

Sur le campus d’Orsay, nous avons une centrale technologique universitaire de micro et de nanotechnologie dans laquelle nous pouvons fabriquer nous-mêmes des dispositifs semiconducteurs de pointes. J’ai choisi d’y effectuer mon doctorat. Pendant trois ans, j’ai fait des simulations, des conceptions et des réalisations de process en salle blanche ainsi que de la caractérisation optique. J’ai pu ainsi acquérir une vision globale et une capacité à travailler en mode gestion de projet.

Qu’est-ce qui a motivé votre inscription à l’Université Paris-Sud ?

En Chine, j’avais entendu dire que les universités européennes n’avaient pas de grand campus. J’ai eu quelques réticences mais lors de mon arrivée à l’Université Paris-Sud, j’ai été impressionnée par la beauté de la nature et la richesse des paysages d’Orsay.

J’ai été attirée par l’Université Paris-Sud car elle est bien classée au niveau international et compte de nombreux laboratoires réputés.

Que vous a apporté l’Université Paris-Sud ? Quel souvenir en gardez-vous ?

L’Université Paris-Sud m’a apporté un diplôme bien reconnu à l’échelle international. Elle m’a aussi apporté une vraie vie de campus, avec les journées portes ouvertes de laboratoires, la Fête de la Science, les Journées Européennes du Patrimoine… J’ai participé d’ailleurs, lors de mes vacances d’été en Licence 3, à l’école d’été « de l’infiniment grand à l’infiniment petit ». Pendant deux semaines, nous avons échangé, visité et réalisé des mini-projets avec des chercheurs de différents laboratoires. Cette expérience m’a aidée à mieux orienter mes choix de parcours par la suite.

Les activités associatives sont encouragées et soutenues par l’Université Paris-Sud et par la Région Île-de-France. Depuis 2015, nous avons même une Maison des associations en autogestion. Dans ce cadre, j’ai pu m’inscrire dans une association afin de pratiquer l’art du management, de la gestion de budget et de la négociation, des compétences très attendues par les recruteurs. Grâce au soutien de l’Université, j’ai aussi créé l’association « L’Union des Chercheurs et Étudiants Chinois » en 2015 avec 9 étudiants et doctorants. Aujourd’hui l’association organise des activités telles que des échanges linguistiques, une fête culinaire ou encore l’accueil des nouveaux entrants.

Vous êtes ingénieure calcul optique chez Essilor, racontez-nous votre métier.

Après mon doctorat, j’ai intégré Essilor et j’y travaille depuis 6 mois.

Ma mission consiste à alimenter un module de calcul de nouveaux algorithmes pour optimiser la fabrication des verres ophtalmiques. Ce projet a pour vocation d’améliorer certaines dimensions environnementales et économiques dans la fabrication des verres ophtalmiques. Avec mes collègues, nous réalisons d’abord un prototype grâce à un outil CAO (conception assistée par ordinateur). Une fois que nous avons trouvé une solution pertinente, je rédige un dossier de spécifications fonctionnelles et techniques. Je coordonne des réunions pour tester et valider l’implémentation des nouveaux algorithmes au module. Enfin, nous fabriquons les verres pour évaluer les nouveaux algorithmes.

Quel est votre meilleur souvenir en France ?

Je suis arrivée en France en 2007 et j’en garde principalement de bons souvenirs. La région Île-de-France offre de nombreuses activités intéressantes et possibilités de découvrir l’art et culture.

Quels conseils auriez-vous pour un étudiant chinois souhaitant venir étudier en France ?

Il faut avoir une bonne maîtrise du français et de l’anglais ainsi que le sens de la communication. Il faut persévérer pour suivre les cours, les ateliers et TD. Mais il faut aussi avoir la volonté de participer à des activités organisées sur le campus.

A l’aune de votre expérience, quelle est la place du réseau professionnel dans une carrière ?

J’ai trouvé mon premier stage grâce à mes liens avec d’anciens élèves de l’Université. Dans la vie quotidienne, un parcours universitaire commun peut initier une discussion et rapprocher les gens. Au sein de la communauté des créateurs d’entreprises, le réseau professionnel n’apporte que de bonnes surprises.

Que pensez-vous de la création d’un réseau alumni au sein de Paris-Sud ? Qu’attendez-vous d’un tel réseau ?

C’est une excellente décision. Depuis deux ans, un cercle des anciens parisudiens chinois s’anime de manière informelle entre Paris, Beijing et Shanghai. Le réseau professionnel est important et le lien avec le campus nous tient à cœur ; nous serons ravis d’aider à relayer les informations de ce réseau par le biais des cercles des réseaux déjà existants. J’attends avec impatience de voir un réseau nous permettant de rencontre des parisudiens du monde entier, voire des activités en Île-de-France : soirées afterwork, conférences professionnelles, sorties randonnées pour évoquer nos souvenirs…. Je suis prête à contribuer au réseau au besoin !

Le réseau des Parisudiens, un réseau pluridisciplinaire international
Retrouvez Yijia Zeng sur LinkedIn


Interview de Sabine Ferrier, 
Chargée du réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud,
Direction de l’orientation professionnelles et des relations entreprises.

Pour toute information sur le réseau des diplômés de l’Université Paris-Sud, vous pouvez contacter Sabine Ferrier,

chargée des relations diplômés à la Direction Orientation Professionnelle et Relations Entreprises

alumni.parisudien @ u-psud.fr, 01 69 15 33 29 (Bâtiment 330 campus d’Orsay)